Les périodes de sécheresse peuvent résulter d’un manque de pluie, mais aussi d’une utilisation trop intensive ou inadaptée de l’eau disponible. Quand la sécheresse survient, des restrictions d’usage de l’eau peuvent être décidées par les préfets de département. Chacun, par ses gestes quotidiens ou ses pratiques professionnelles, peut contribuer à préserver les ressources en eau potable.
Origines de la sécheresse
Les eaux utilisées en France proviennent en grande majorité des “eaux de surface” (fleuves, rivières et lacs) généralement plus faciles et moins chères à prélever. Cependant ces eaux peuvent être sujettes à des sécheresses.
On distingue trois grands types de sécheresses :
- la sécheresse météorologique
- la sécheresse agricole
- la sécheresse hydrologique
Ces sécheresses sont principalement dû à un manque de pluie en hiver ou au printemps qui empêche le bon remplissage des nappes phréatiques ("réserves" d'eau), et des températures élevés en été qui provoquent un assèchement des sols et une évaporation plus importante de l'eau disponible.
Des prélèvements en eau excessifs
Les prélèvements en eau douce en France représentent environ 15% de la pluie efficace (moyenne 2008-2018) . L’industrie rejette une grande partie de l’eau qu’elle prélève. Ses prélèvements représentent près de 59 % de l’eau prélevée.
À l’inverse, l’agriculture consomme presque toute l’eau qu’elle prélève. Elle représente 45 % des consommations pour seulement un peu plus de 9 % des prélèvements. Les impacts sont importants, car ils sont concentrés sur les mois d'été, où l’agriculture peut représenter jusqu’à 80 % de l’eau consommée et certaines zones géographiques où les ressources sont les moins importantes.
La production d'eau potable représente 21 % des consommations (~1,1 milliard de m3 par an). Ce chiffre est globalement stable, l’augmentation de la population étant compensée par une diminution de la consommation de chacun.
Les sécheresses et le changement climatique
les sécheresses deviendront de plus en plus récurrentes notamment à cause des hausses de températures dû au changement climatique qui provoquera l'augmentation des évaporation, renforçant l'intensité et la durée des sécheresses.
Les économies d’eau
L’eau, prélevée dans les eaux souterraines qui se renouvellent est rejetée dans les eaux de surface qui s’écoulent vers la mer. La quantité d’eau qui les rejoint varie fortement en fonction des usages. Le cycle de l’eau ne permet donc pas toujours à lui seul de préserver l’équilibre de la ressource et un abaissement trop important des nappes peut impliquer un important changement de l'équilibre hydrogéologique.
👉 Protection de la ressource en eau
Réduire sa consommation d’eau
Les particuliers sont eux aussi invités à faire des économies d’eau et à réduire leur consommation : par les douches, les chasses d'eau double flux, les réducteurs de pression ou en réutilisant l'eau de pluie.
Des mesures d’économie d’eau sont également préconisées auprès des industriels : des modes opératoires plus économe en eau, utilisation de l’eau en circuit fermé, recyclage des eaux de nettoyage.
La campagne de communication nationale « Chaque geste compte, préservons nos ressources » a pour objectif d’inciter chacun à la sobriété, à l’échelle individuelle et collective.
Les mesures de restriction d’eau des préfets
Les seuils entraînant des mesures de restriction d’eau sont définis au niveau local par les préfets. Ce qui facilite la réaction en situation de crise, et permet la transparence et la concertation entre les différents usagers d’un même bassin.
Les arrêtés sécheresse ne peuvent être prescrits que pour une durée limitée, sur un périmètre déterminé. Ils doivent assurer l’exercice des usages prioritaires, plus particulièrement la santé, la sécurité civile, l’approvisionnement en eau potable et la préservation des écosystèmes aquatiques. Ceci tout en respectant l’égalité entre usagers des différents départements et la nécessaire solidarité amont - aval des bassins versants.
VigiEau : le site dédié aux arrêtés de restriction d’eau
Pour faire face à une insuffisance de la ressource en eau en période d’étiage, les préfets sont amenés à prendre des mesures exceptionnelles de limitation ou de suspension des usages de l’eau en application de l’article L.211-3 II-1° du code de l’environnement.
VigiEau présente les mesures de suspension ou de limitation prises par les préfets à partir des données fournies à titre indicatif par les services départementaux de l’État. Lorsqu’un arrêté de restriction est général et collectif, celui-ci doit être affiché en mairie de chaque commune concernée et fait l’objet d’une publication dans les journaux régionaux ou locaux.
👉 Article L.211-3 II-1° du code de l'environnement
Les seuils et leurs conséquences pour les acteurs
Quatre niveaux de limitation ont été définis : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise.
Les mesures de limitation des prélèvements sont progressives et adaptées aux différents usagers :
- usages domestiques : sensibilisation, puis limitation de plus en plus forte des prélèvements pour l’arrosage des pelouses, des espaces verts, le lavage des voitures, le remplissage des piscines jusqu’à l’interdiction totale de ce type d’utilisation (hors usage eau potable) ;
- agriculture (80% des consommations d'eau sur la période estivale) : interdiction d’irriguer 1 jour par semaine, plusieurs jours par semaine ou à certaines heures jusqu’à l’interdiction totale de l’irrigation ;
- industrie : des mesures spécifiques ont été prises sur les unités les plus consommatrices : mesures imposant une réduction progressive d’activité, le recyclage de certaines eaux de nettoyage, la modification de certains modes opératoires.
Le comité d’anticipation et de suivi hydrologique
Le comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) a pour rôle d'échanger et d'informer sur la situation hydrologique à court et long terme. Il accompagne les territoires dans l'anticipation et la gestion des crises de sécheresse, et propose des actions préventives ou compensatrices au Comité national de l'eau.
L’indemnisation des agriculteurs en cas de restrictions
Lorsqu'une sécheresse entraîne une “calamité agricole”, les agriculteurs peuvent être indemnisés par le Fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA) alimenté par l'État et les agriculteurs eux-mêmes. Après reconnaissance d'une calamité, le fonds indemnise les exploitations sinistrées, couvrant en moyenne 30% des dommages
Ces informations sont extraites et résumées du site https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/origine-gestion-secheresse
